Assurances : Mamadou G.K. Koné prend les rênes de la FANAF dans un contexte de réformes structurantes

Élu à la tête de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) lors de sa 50ᵉ assemblée générale à Abidjan, Mamadou G.K. Koné prend ses fonctions à un moment charnière pour le secteur. Entre projet d’agrément unique au sein de l’espace CIMA, débat sur la mobilisation des réserves vers le financement des économies et attentes croissantes des assurés, sa présidence s’ouvre dans un environnement marqué par des réformes structurantes et des enjeux de crédibilité.
La gouvernance du secteur africain des assurances entre dans une nouvelle phase. À l’issue de sa 50ᵉ assemblée générale tenue du 9 au 11 février 2026 à Abidjan, la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) a porté à sa présidence Mamadou G.K. Koné.Il succède à César Ekomie-Afene, élu en février 2020, et hérite d’une organisation confrontée à des enjeux majeurs : intégration du marché CIMA, réforme de la structuration du capital, amélioration de l’expérience assuré et mobilisation des réserves vers le financement des économies nationales.
Un profil technicien au cœur du système
Diplômé de l’Institut International des Assurances (IIA) de Yaoundé, de l’ENSAE Paris et de la London Business School, Mamadou G.K. Koné cumule près de 30 ans d’expérience dans l’assurance, la réassurance et le courtage.
Directeur général de SanlamAllianz Côte d’Ivoire depuis 2014, il préside également l’Association des Sociétés d’Assurances de Côte d’Ivoire (ASA-CI) et occupe la vice-présidence de la CGECI. Son parcours l’a aussi conduit à exercer au sein de la Direction Nationale des Assurances ivoirienne et de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA). À ses côtés, Aymric Kamega, PDG de ACAM Vie (Cameroun), est désigné vice-président.
Une présidence sous pression stratégique
Cette élection intervient alors que le secteur affiche des performances financières solides, mais peine à convaincre sur la qualité de service. L’assurance automobile, vitrine obligatoire du marché, reste marquée par des délais de règlement critiqués et une perception négative des assurés.
Au-delà de la relation client, un autre dossier structurant attend le nouveau bureau : l’agrément unique au sein de l’espace CIMA. Présentée comme une avancée vers une intégration régionale accrue, cette réforme pourrait permettre aux groupes panafricains d’optimiser leur capital via des holdings régionales.
Mais cette mutualisation soulève une interrogation macroéconomique : une centralisation du capital pourrait-elle réduire l’ancrage financier local et affecter la capacité des filiales à irriguer les économies nationales ?
Réserves d’assurance : vers des ressources longues ?
Lors de l’ouverture des travaux à Abidjan, le ministre ivoirien des Finances, Adama Coulibaly, a appelé à transformer les réserves des compagnies en ressources longues au service du financement de l’économie.
Une ambition cohérente avec les besoins d’infrastructures du continent. Mais pour nombre d’acteurs, la priorité reste claire : restaurer la confiance des assurés avant d’élargir les obligations ou d’approfondir les réformes structurelles.
La FANAF à la croisée des chemins
Longtemps perçue comme une force de proposition influente sous des figures comme Protais Ayangma ou Adama Ndiaye, la FANAF est aujourd’hui attendue sur sa capacité à redevenir un moteur stratégique.La nomination de Mamadou G.K. Koné ouvre ainsi une séquence déterminante :
- réussir l’équilibre entre intégration régionale et souveraineté financière
- améliorer concrètement l’expérience assuré
- positionner le secteur comme levier crédible de financement du développement.
Au-delà d’un simple changement de présidence, c’est la crédibilité future de l’assurance africaine qui se joue.
English Summary
Elected as President of the Federation of African National Insurance Companies (FANAF) during its 50th General Assembly in Abidjan, Mamadou G.K. Koné assumes office at a pivotal moment for the insurance sector. With the proposed single license within the CIMA zone, debates over mobilizing insurers’ reserves for long-term economic financing, and growing expectations from policyholders, his mandate begins amid far-reaching structural reforms and pressing credibility challenges.



