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Burundi : l’interdiction temporaire de vendre certains avocats provoque la colère des producteurs

Dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi, les autorités ont interdit la récolte et la commercialisation de certaines variétés d’avocats jusqu’au 15 mars 2026. Officiellement destinée à protéger la qualité de la production et l’économie nationale, la mesure suscite toutefois l’incompréhension de nombreux agriculteurs qui dénoncent une atteinte à leur droit de disposer de leurs récoltes.

La décision émane du gouverneur de la province de Butanyerera, Victor Segasago. Dans un communiqué publié le 12 février 2026, l’administration provinciale interdit temporairement la récolte et la vente des avocats des variétés Ruhere, Shokete et Fuwereti.

Les autorités justifient cette mesure par la volonté de lutter contre l’achat d’avocats avant maturité, une pratique qui, selon elles, compromet la qualité de la récolte et réduit le potentiel économique de cette filière agricole.

Le gouvernement provincial estime également que l’avocat pourrait devenir une source importante de devises pour le pays, à condition d’améliorer la qualité des fruits destinés au marché.

Des producteurs mécontents

Sur le terrain, plusieurs producteurs expriment leur mécontentement. Dans la commune de Kayanza, certains agriculteurs estiment que l’interdiction générale pénalise injustement les propriétaires d’avocatiers.

« Pourquoi nous empêcher de vendre des fruits qui nous appartiennent ? », s’interroge un habitant cité par le média burundais Iwacu, estimant que la vente d’avocats déjà mûrs ne menace pas la production.

Certains dénoncent également le système de licence obligatoire pour vendre les avocats, qui pourrait, selon eux, favoriser des pratiques de corruption dans l’administration locale.

Une pratique traditionnelle dans le viseur

La mesure vise aussi la pratique appelée « Umurwazo », qui consiste pour un producteur à vendre à l’avance une partie de sa récolte, souvent pour faire face à un besoin urgent d’argent. Selon des témoignages recueillis par Iwacu, plusieurs habitants considèrent toutefois ce système comme une forme de crédit informel, comparable à un découvert bancaire permettant de résoudre des difficultés financières temporaires.

Une mesure qui divise

Pour plusieurs agriculteurs, la décision intervient dans un contexte économique difficile où la vente d’avocats constitue parfois une source essentielle de revenus pour les ménages ruraux.

L’interdiction ne concerne toutefois pas la consommation familiale : les habitants peuvent toujours récolter les fruits destinés à leur propre usage.Toute personne qui enfreindrait la mesure s’expose néanmoins à des sanctions prévues par la législation burundaise, ont rappelé les autorités provinciales.


English summary

Authorities in the Burundian province of Butanyerera have temporarily banned the harvesting and sale of certain avocado varieties until March 15, 2026. The measure aims to prevent the premature sale of unripe avocados and protect the quality and economic potential of the sector. However, several farmers have criticized the decision, arguing that it restricts their ability to earn income from their own crops. The debate highlights the broader challenge facing many African countries: balancing quality control, export ambitions, and farmers’ economic realities in emerging agricultural value chains.

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