Ghana : Olam Agri inaugure une usine de pâtes de 60 000 tonnes pour réduire les importations

Le groupe agro-industriel singapourien Olam Agri a inauguré sa première usine de pâtes alimentaires au Ghana, dans la zone industrielle de Tema. Avec un investissement estimé à 40 millions de dollars et une capacité de production de 60 000 tonnes par an, cette infrastructure vise à renforcer la transformation agroalimentaire locale et à réduire la dépendance du pays aux importations.
Une nouvelle étape pour l’industrialisation alimentaire
Le 5 mars 2026, le président ghanéen John Dramani Mahama a officiellement inauguré une unité de fabrication de pâtes alimentaires à Kpone, près de Tema, dans la région du Grand Accra.
Cette installation, développée par Olam Agri, représente un investissement de 40 millions de dollars et dispose d’une capacité annuelle de production de 60 000 tonnes. L’usine produira différents types de pâtes, notamment des spaghettis, des macaroni et d’autres formats destinés principalement au marché ghanéen.
Pour l’entreprise, ce projet s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la transformation locale des produits alimentaires et à soutenir l’industrialisation du secteur agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.
Un levier pour réduire la dépendance aux importations
Jusqu’à présent, le Ghana dépendait largement des importations pour satisfaire sa consommation de pâtes alimentaires. Selon les données du commerce international, le pays importait en moyenne plus de 70 000 tonnes par an entre 2021 et 2024, pour une facture annuelle d’environ 35 millions de dollars.

La nouvelle unité de production pourrait permettre de réduire significativement cette dépendance. Si elle fonctionne à pleine capacité, elle pourrait couvrir une part importante de la demande nationale et contribuer à limiter les sorties de devises.
Pour les autorités ghanéennes, chaque tonne produite localement représente une économie potentielle pour les réserves de change du pays et une opportunité de développement pour l’industrie nationale.
Un impact économique au-delà de l’usine
Au-delà de la substitution aux importations, l’ouverture de l’usine devrait générer plusieurs retombées économiques. D’abord, elle crée des emplois directs dans les activités industrielles et logistiques, tout en stimulant l’emploi indirect dans la distribution et les services.
Ensuite, elle renforce l’écosystème agroalimentaire local. L’usine utilisera de la farine de blé moulue localement, issue notamment des activités de minoterie déjà opérées par Olam Agri dans le pays.
Depuis 2012, l’entreprise exploite en effet un moulin à blé au Ghana capable de produire environ 375 000 tonnes de farine par an, commercialisée sous plusieurs marques sur le marché local.
Une demande croissante de blé
Le développement de la transformation du blé au Ghana pourrait toutefois accentuer la dépendance du pays à l’importation de cette céréale.
La production locale de blé reste marginale et les besoins sont essentiellement couverts par les importations. Selon les estimations du United States Department of Agriculture, les achats ghanéens de blé sont passés d’environ 721 000 tonnes en 2022-2023 à près de 950 000 tonnes en 2024-2025.
Les projections indiquent que ces importations pourraient dépasser le million de tonnes au cours de la campagne commerciale 2025-2026, tirées par la croissance de la consommation de produits à base de farine.
Au Ghana, la majorité de la farine de blé est utilisée pour la fabrication de pain, qui représente près de 70 % de la consommation. Le reste sert à produire des pâtisseries, des gâteaux et désormais une part croissante de pâtes alimentaires.
Un signal pour l’industrie alimentaire régionale
L’ouverture de cette usine illustre une tendance plus large en Afrique de l’Ouest : le développement d’industries de transformation locales pour réduire les importations alimentaires.

Pour plusieurs pays de la région, confrontés à des factures d’importation élevées, l’industrialisation des filières agroalimentaires apparaît comme un levier stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire, créer de la valeur ajoutée et soutenir la croissance économique.
Dans ce contexte, l’initiative ghanéenne pourrait servir de référence pour d’autres économies africaines cherchant à développer leurs capacités industrielles dans l’agroalimentaire.
English summary
Singapore-based agribusiness company Olam Agri has inaugurated a new pasta manufacturing plant in Tema, Ghana, with an annual capacity of 60,000 tons. The $40 million facility aims to reduce Ghana’s reliance on imported pasta products and strengthen the country’s food processing industry. The factory will produce a range of pasta products including spaghetti and macaroni for the domestic market. If operating at full capacity, the plant could significantly cut the country’s annual pasta imports, which have averaged more than 70,000 tons in recent years. The project is expected to create jobs, stimulate local value chains, and reinforce Ghana’s agro-industrial sector. However, the expansion of wheat processing could also increase the country’s reliance on imported wheat, as domestic production remains very limited.



