
Le président congolais veut transformer les corridors logistiques en piliers de compétitivité et d’intégration, au cœur d’une nouvelle vision du développement économique du pays.
La République démocratique du Congo amorce un repositionnement stratégique de ses infrastructures. Lors du Conseil des ministres du 24 avril 2026, le président Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté de faire des corridors de transport des instruments majeurs de transformation économique.
« Nos corridors ne doivent plus être de simples voies d’évacuation ; ils constituent des artères vitales appelées à structurer durablement notre économie et à renforcer la souveraineté de l’État », a relayé le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Une ambition : faire de la RDC un hub régional
Avec ses neuf pays voisins, la RDC mise sur sa position géographique pour devenir un carrefour des échanges interafricains. L’objectif est clair : réduire les coûts logistiques, fluidifier les flux commerciaux et mieux connecter les provinces.
Dans cette logique, plusieurs corridors structurants sont mis en avant :
- l’axe Ouest Banana-Boma-Matadi-Kinshasa, adossé au port en eau profonde de Banana ;
- le corridor de Lobito, connecté au réseau angolais pour l’exportation minière ;
- les axes Sud, Est et Central, destinés à relier les bassins économiques du pays.
Des infrastructures au service de la transformation productive
Au-delà du transport, ces corridors s’inscrivent dans une stratégie plus large. Ils doivent soutenir l’industrialisation, renforcer les chaînes de valeur locales et favoriser l’intégration territoriale.
Le chef de l’État insiste sur une approche systémique :
« Le corridor de Lobito ne prend tout son sens que dans une articulation avec les routes nationales RN39, RN7 et RN8 […] constituant une chaîne logistique continue au service d’un espace économique intégré et compétitif ».
Accélération et gouvernance renforcée
Pour concrétiser cette ambition, le gouvernement est appelé à passer à une phase opérationnelle. La supervision des projets sera renforcée autour de la Direction générale des corridors de développement industriel (DGCDI), avec un accent mis sur la performance et la redevabilité.
« Il est impérieux de passer résolument de l’intention à l’action », a insisté Patrick Muyaya, précisant que plusieurs ministères sont mobilisés pour structurer les financements et lancer les travaux prioritaires.
Un changement de paradigme
En repositionnant les corridors comme ossature de l’aménagement du territoire, la RDC opère un changement de paradigme. L’enjeu n’est plus seulement de transporter, mais de structurer une économie intégrée, compétitive et tournée vers le marché africain.
Lecture Africa Truth (valeur ajoutée)
Cette stratégie traduit une évolution majeure :
- Passage d’une logique d’exportation brute à une logique de chaînes de valeur intégrées
- Volonté de faire des infrastructures un outil de souveraineté économique
- Alignement avec les dynamiques continentales comme la ZLECAf
English summary
President Félix Tshisekedi has outlined a new strategy to transform transport corridors into key engines of economic growth and regional integration. Rather than simple export routes, corridors such as Banana-Kinshasa and Lobito are being redesigned to support industrialization, reduce logistics costs, and strengthen value chains. The government is now focusing on execution, governance, and financing to accelerate implementation.



