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RDC : entrepreneuriat, agriculture et formation, plusieurs leviers mobilisés pour les jeunes

En République démocratique du Congo, plusieurs initiatives récentes ciblent les jeunes sur des maillons différents de leur parcours vers l’activité économique. Formalisation des entreprises, sécurisation des terres agricoles, immersion dans l’administration financière : les dispositifs lancés ou renforcés ces dernières semaines cherchent à agir à la fois sur l’entrepreneuriat, les compétences et l’accès aux opportunités.

De la création d’entreprise à la consolidation

Le programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais » vient de franchir une nouvelle étape avec la formalisation de 780 entreprises supplémentaires, portant à 1 127 le nombre total de jeunes entreprises régularisées depuis le lancement du dispositif. Les nouvelles structures sont réparties entre Kinshasa (537), le Haut-Katanga (129) et le Kasaï-Oriental (114).

La formalisation donne notamment aux entrepreneurs un ensemble de documents administratifs nécessaires à leurs activités, dont le RCCM, l’identification nationale, le numéro d’impôt ainsi que des certificats liés à l’emploi, à la formation professionnelle et à la sécurité sociale.

Le dispositif, lancé en juin 2026, repose plus largement sur trois axes : formation professionnelle, financement et accompagnement des jeunes entrepreneurs. Son coût global annoncé est de 1,3 milliard de dollars sur six ans, avec une première enveloppe de 50 millions de dollars prévue au collectif budgétaire 2026.

Le passage dans le secteur formel constitue toutefois une première étape. L’enjeu suivant est celui de la capacité de ces entreprises à accéder au financement, à développer leur activité et à créer des emplois.

Le foncier comme outil de développement agricole

À Kisangani, une autre initiative s’attaque à une contrainte différente : l’accès sécurisé à la terre. Dans le cadre du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agrobusiness (PEJAB), 150 jeunes agripreneurs de Mangobo, dans la province de la Tshopo, ont reçu des titres immobiliers destinés à sécuriser leurs exploitations. Le projet met notamment l’accent sur la culture du cacao.

La démarche vise à donner aux bénéficiaires une base juridique plus stable pour exploiter leurs terres et développer leurs activités agricoles. Mais les jeunes concernés ont également mis en avant des difficultés très concrètes, notamment l’accès à l’eau et l’état des routes desservant les exploitations.

La sécurisation foncière apparaît ainsi comme un élément du développement de l’activité, mais elle doit être accompagnée par les infrastructures et les moyens nécessaires à la production.

Une passerelle entre université et administration

Le ministère des Finances intervient, lui, sur le terrain des compétences. Il prévoit d’accueillir 200 étudiants de Kinshasa pour un stage d’immersion de dix jours, du 3 au 14 octobre 2026. Le programme concerne les étudiants de L3, M1 et M2 et prévoit une découverte des services du ministère, de leurs missions ainsi que des réformes économiques et financières en cours. Une session est également prévue à l’École nationale des finances.

Cette initiative vise à rapprocher la formation universitaire de la pratique professionnelle et à familiariser les étudiants avec le fonctionnement de l’administration financière. Elle complète, sur un autre terrain, les dispositifs destinés aux jeunes entrepreneurs.

En parallèle, la RDC poursuit sa transformation numérique avec le RDC-Pass, présenté comme un outil d’authentification et d’accès numérique aux services, avec une première cohorte de 50 agents formés aux procédures d’enregistrement et à la protection des données. Ce dispositif n’est pas spécifiquement consacré à l’emploi des jeunes, mais il s’inscrit dans une transformation plus large des services publics et de leur accessibilité.

Plusieurs instruments, un même défi

Ces initiatives ne répondent pas au même besoin. La formalisation concerne l’accès au cadre légal et économique, les titres fonciers sécurisent l’activité agricole et le stage au ministère cherche à renforcer l’expérience professionnelle des étudiants.

Le point commun est toutefois la volonté de réduire certains obstacles qui se situent avant même l’accès durable au marché du travail : statut juridique, accès sécurisé à la terre, connaissance des institutions et acquisition d’expérience. Le lancement du programme « Debout Jeunes Congolais » traduit d’ailleurs une volonté d’agir simultanément sur la formation, le financement et l’accompagnement des jeunes.

Pour la RDC, la prochaine étape sera de mesurer ce que ces dispositifs produisent concrètement : combien d’entreprises survivent et grandissent, combien d’exploitations agricoles deviennent rentables et combien de jeunes passent effectivement de la formation à l’emploi.


ENGLISH SUMMARY

The Democratic Republic of Congo is expanding efforts to support young people through entrepreneurship, agriculture and professional training. The presidential “Debout Jeunes Congolais” programme has brought the number of supported youth-led businesses to 1,127, including 780 newly formalized companies in Kinshasa, Haut-Katanga and Kasaï-Oriental. In the agricultural sector, 150 young agripreneurs in Kisangani received land titles to secure their operations, while the Ministry of Finance is preparing an immersion programme for 200 university students. Together, these initiatives target several barriers to youth economic participation, including business formalization, land security, skills and access to public-sector experience. The next challenge will be to turn these programmes into sustainable businesses, higher incomes and lasting employment.

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