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Gabon : un comité national pour encadrer une dette qui dépasse 8 600 milliards FCFA

Face à une dette en hausse rapide, Libreville met en place un nouvel organe stratégique pour renforcer le contrôle, la transparence et la coordination de sa politique d’endettement.

Le Gabon veut reprendre la main sur sa trajectoire d’endettement. À l’issue d’un Conseil des ministres, les autorités ont acté la création du Comité national de la dette publique (CNDP), un dispositif appelé à structurer la gestion des engagements financiers de l’État.

Dans un contexte marqué par une forte pression sur les finances publiques, cette réforme intervient alors que la dette du Gabon connaît une accélération notable. À fin octobre 2025, l’encours global a atteint 8 606,6 milliards FCFA (environ 15,37 milliards de dollars), contre 7 133 milliards en début d’année, soit une hausse de 20,6 % en dix mois, selon les données de la Direction générale de la dette.

Un organe au cœur de la stratégie d’endettement

Le CNDP se voit confier un rôle central : orienter, coordonner et contrôler l’ensemble des opérations liées à la dette publique. Il intervient en amont de toute décision d’emprunt, de restructuration ou d’octroi de garanties, avec pour objectif d’instaurer une discipline accrue dans la gestion financière.

Son fonctionnement repose sur trois niveaux :

  • un comité de coordination, instance décisionnelle pilotée par le ministre en charge de la dette
  • un comité technique chargé d’analyser les projets et de formuler des avis
  • un secrétariat permanent assuré par la Direction générale de la dette pour l’exécution

Particularité du dispositif : toute opération d’endettement doit désormais passer par un filtre unique, avec un effet suspensif tant que l’avis du comité n’est pas rendu.

Une réponse à une dynamique préoccupante

Cette réforme intervient dans un contexte de forte montée de la dette publique. D’après Fitch Ratings, le ratio d’endettement du Gabon pourrait atteindre environ 80 % du PIB en 2025.

Les données nationales confirment cette tendance. En l’espace de dix mois, l’encours de la dette a fortement progressé, traduisant un recours accru à l’emprunt pour financer les dépenses publiques et faire face aux tensions de trésorerie.

Une dépendance accrue aux marchés

L’évolution récente met en lumière une transformation de la structure de la dette. La composante intérieure, en particulier via le marché financier régional, a fortement augmenté, devenant un levier central de financement pour le Trésor.

Dans le même temps, la dette extérieure reste significative, dominée par les institutions multilatérales et les marchés internationaux. Cette double exposition accentue les enjeux de soutenabilité et de gestion des risques.

Restaurer la confiance des partenaires

Avec le CNDP, les autorités gabonaises cherchent à envoyer un signal clair aux investisseurs et aux partenaires financiers. L’objectif est de renforcer la crédibilité de la politique budgétaire, améliorer la transparence et éviter les dérives liées à une accumulation non maîtrisée de la dette.

Selon Fitch Ratings, cette dynamique devrait porter le ratio d’endettement du Gabon à 80,4 % du PIB en 2025, un niveau élevé qui renforce les préoccupations sur la soutenabilité. La structure de la dette montre par ailleurs une dépendance croissante aux marchés financiers, avec une part importante d’emprunts domestiques et extérieurs, tandis que les arriérés ont franchi la barre des 792 millions de dollars.

Les membres du comité seront soumis à des exigences strictes en matière de confidentialité et d’éthique, un élément clé pour consolider la gouvernance financière.

Lecture Africa Truth (valeur ajoutée)

Ce dispositif illustre une tendance plus large en Afrique :

  • le renforcement des cadres de gouvernance de la dette
  • la montée des risques liés à l’endettement post-crises
  • la nécessité de rassurer les marchés via des mécanismes institutionnels solides

English summary

Gabon has created a National Public Debt Committee to strengthen control over borrowing as its debt reached 8,606.6 billion FCFA ($15.37 billion) in 2025, up 20.6% in ten months. With debt projected at 80.4% of GDP, the move aims to improve fiscal discipline, enhance transparency, and restore investor confidence.

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