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Botswana : après la fermeture du marché européen, le bœuf cherche de nouveaux débouchés

La fermeture par l’Union européenne des dernières zones autorisées à exporter du bœuf frais botswanais bouleverse une filière fortement tournée vers l’exportation. Confronté à la fièvre aphteuse, le Botswana accélère désormais ses recherches de marchés alternatifs, notamment en Afrique, dans le Golfe et en Asie. Mais la réouverture de débouchés durables dépendra aussi de la capacité du pays à maîtriser la maladie et à sécuriser ses corridors logistiques.

La Botswana Meat Commission (BMC) travaille désormais à élargir la carte de ses clients. Des démarches sont engagées auprès de la RDC, de l’Angola, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire, tandis que des marchés du Golfe et certaines économies asiatiques sont également ciblés.

Des échantillons ont déjà été envoyés en Côte d’Ivoire et au Nigeria. L’Angola s’est montré intéressé et la Namibie étudie un corridor de transit permettant d’acheminer la viande vers Luanda.

Cette diversification répond à une forte concentration des débouchés. Le marché européen offrait des conditions particulièrement favorables en matière de prix et de cadre commercial. Les nouveaux marchés africains présentent, eux, des contraintes différentes : infrastructures, normes sanitaires, coûts de transport ou encore systèmes de paiement.

La fièvre aphteuse reste le principal verrou

Le problème ne se limite toutefois pas à trouver des acheteurs. La capacité du Botswana à exporter dépend directement de son statut sanitaire.

Des foyers de fièvre aphteuse ont été enregistrés dans plusieurs zones vétérinaires entre janvier et avril 2026, entraînant la suspension de certains statuts sanitaires et la fermeture de l’accès européen aux zones concernées. Fin août, les foyers des zones 3c-Maitengwe et 6b avaient été officiellement clôturés, tandis que la transmission persistait encore dans les zones 11 et 13.

Pour le Botswana, la surveillance sanitaire devient donc une composante à part entière de sa politique commerciale. Restaurer des statuts sanitaires reconnus permettrait notamment de retrouver progressivement l’accès à des marchés à forte valeur ajoutée.

Le commerce régional comme nouvelle piste

Le Botswana n’est pas totalement privé de marchés extérieurs. Les restrictions ont été assouplies à l’intérieur du pays dès mai 2026 et certaines exportations ont repris selon les exigences propres aux marchés de destination. L’enjeu est désormais de transformer les manifestations d’intérêt en commandes régulières.

Les chiffres montrent l’importance de cette filière pour les zones rurales. Les exportations de viande et produits carnés ont atteint 404 millions de pula en 2024, contre 312 millions un an auparavant. Sur la période 2020-2025, les exportations de bœuf de la BMC ont généré environ 2,36 milliards de pula.

La stratégie du Botswana repose donc désormais sur deux fronts : ouvrir de nouveaux marchés tout en rétablissant les conditions sanitaires nécessaires aux exportations. Pour la filière, le véritable défi sera moins de trouver des destinations que de construire des corridors capables d’assurer des volumes réguliers, à des prix suffisamment rémunérateurs pour les éleveurs et les transformateurs.

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English summary

Botswana is accelerating efforts to diversify its beef export markets after the European Union closed access to the country’s remaining eligible fresh-beef export zones due to foot-and-mouth disease outbreaks. The Botswana Meat Commission is exploring opportunities in the Democratic Republic of Congo, Angola, Nigeria, Côte d’Ivoire, the Gulf and parts of Asia. However, market diversification alone will not be enough. The country must also restore veterinary confidence, improve logistics and build reliable regional trade corridors capable of supporting stable export volumes and competitive returns.

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