Au Nigeria, l’accès à l’eau reste un défi majeur : l’État d’Ondo lance un projet pour changer la donne

À quelques jours de la Journée mondiale de l’eau, l’État d’Ondo, au Nigeria, lance un projet ambitieux pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Une initiative qui intervient dans un contexte de crise persistante, marquée par de fortes inégalités et des enjeux sanitaires critiques.
Au Nigeria, l’accès à l’eau potable reste un défi structurel majeur. Selon des données relayées par l’Agence française de développement, près de 60 millions de personnes ne disposaient pas d’un accès de base à l’eau potable en 2021, dont plus de 78 millions d’enfants directement affectés.
La situation est d’autant plus préoccupante que 70 % à 86 % de la population n’a pas accès à une eau de qualité. Résultat : les maladies hydriques continuent de faire des ravages, causant plus de 100 000 décès d’enfants chaque année.
Des inégalités profondes entre territoires et populations
L’accès à l’eau révèle aussi de fortes fractures sociales et territoriales :
- 86 % d’accès en zone urbaine, contre 57 % en zone rurale
- 92 % chez les ménages les plus riches, contre 46 % chez les plus pauvres
Ces disparités s’expliquent par plusieurs facteurs : infrastructures vieillissantes, sous-investissement chronique, problèmes de gouvernance et effets croissants du changement climatique.
Ondo veut inverser la tendance
C’est dans ce contexte que l’État d’Ondo a décidé d’agir. Les autorités locales ont lancé un projet visant à transformer durablement l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, notamment dans la ville d’Akure.
L’initiative prévoit :
- la modernisation des infrastructures hydrauliques
- l’extension de la distribution d’eau potable
- le renforcement des capacités des services publics
L’objectif est clair : garantir un accès fiable et durable à l’eau pour les populations.
Une approche centrée sur la durabilité
Au-delà des investissements techniques, le projet introduit des réformes structurelles pour éviter les défaillances du passé.
Il repose notamment sur :
- des politiques tarifaires adaptées
- une amélioration du service pour les populations vulnérables
- la couverture des coûts d’exploitation et de maintenance
Une approche qui vise à rendre le système économiquement viable sur le long terme.
Eau, hygiène et santé : un triptyque indissociable
Le programme ne se limite pas à l’eau potable. Il intègre également :
- la promotion de l’hygiène
- la gestion des boues de vidange
- un plan global d’assainissement et de traitement des eaux usées
Ces actions s’inscrivent dans le cadre du plan national WASH (2018–2030), qui vise à améliorer durablement la santé publique.
Une ambition politique affirmée
Pour les autorités locales, ce projet marque le début d’une transformation plus large. Le commissaire en charge du secteur, Ayodele Akande, a exprimé la volonté de faire d’Ondo un modèle en matière de gestion des services publics, avec un objectif clair : garantir que chaque habitant ait accès à une eau potable sûre.
Un défi national encore immense
Au niveau national, le Nigeria cherche à mobiliser 9,2 milliards de dollars pour améliorer ses services WASH (eau, assainissement, hygiène).
Le projet d’Ondo apparaît ainsi comme une réponse locale à un défi national – voire continental – où l’accès à l’eau reste l’un des enjeux majeurs du développement.
English summary
As World Water Day approaches, Nigeria continues to face a major water access crisis, with around 60 million people lacking basic drinking water services. In response, Ondo State has launched a major project to improve water supply and sanitation, particularly in Akure. The initiative combines infrastructure investments with institutional reforms to ensure long-term sustainability.
With over 100,000 child deaths annually linked to waterborne diseases, the project reflects a broader national effort to mobilize $9.2 billion for WASH services and improve public health outcomes.



