
Le 24 avril 2026, l’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note « B » avec perspective négative pour le Cameroun. Si cette décision était attendue, c’est l’analyse qui l’accompagne qui interpelle : l’agence américaine pointe une fois de plus les « financements parallèles » de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) comme une fragilité structurelle des finances publiques camerounaises.
En clair, une partie des dépenses de l’État échappe encore au circuit budgétaire classique, via des « interventions directes » de la SNH. Une pratique que Yaoundé avait pourtant promis d’éradiquer.
Une promesse présidentielle insuffisante aux yeux de Fitch
Dans sa circulaire de juillet 2025 relative à la préparation du budget 2026, le président Paul Biya avait ordonné la fin de ces interventions directes dès 2026, exigeant qu’elles suivent « la procédure normale d’exécution de la dépense ».
Mais pour Fitch Ratings, cet engagement ne suffit pas. L’agence estime que ces pratiques ont perduré en 2025 et qu’elles se poursuivront probablement en 2026, malgré une exception prévue pour les dépenses urgentes de sécurité et de souveraineté. Une brèche qui pourrait tout remettre en cause.
Le FMI plus sévère : 388 milliards FCFA de dérapages
Les inquiétudes de Fitch font écho à celles du Fonds monétaire international (FMI), qui suit le Cameroun dans le cadre de son programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit.
Dans son rapport d’août 2025, le FMI est sans ambiguïté : « les interventions directes non planifiées par l’intermédiaire de la SNH ont été la principale source de dérapage budgétaire ». Le gouvernement camerounais a lui-même reconnu que ces dépenses parallèles avaient contribué à un excédent de dépenses de 388 milliards de FCFA, soit 1,2 point du PIB.
Plus préoccupant encore : ces tensions financières ont empêché le remboursement de 537 milliards FCFA d’arriérés intérieurs à fin 2024, tout en générant 64 milliards de nouveaux arriérés.
Un manque à gagner pour l’investissement public
Pour Africa Truth Media, l’enjeu dépasse la simple notation financière. Derrière ces chiffres se cache un problème de priorisation : lorsque l’État dépense en dehors des circuits budgétaires, les investissements publics – routes, hôpitaux, écoles, infrastructures agricoles – en pâtissent directement.
Le FMI le répète : ces interventions réduisent les marges budgétaires disponibles pour d’autres postes essentiels au développement. Dans un pays qui ambitionne de devenir un hub économique en Afrique centrale, la transparence des finances publiques n’est pas une option : c’est une condition du progrès.
L’historique d’une pratique persistante
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
· 2021 : 138 milliards FCFA d’interventions directes au premier semestre, contre un plafond FMI de 100 milliards.
· 2022 : 91,9 milliards à mi-parcours, nouveau dépassement.
· 2020-2021 : 419 milliards cumulés de financements hors budget.
Les autorités justifient ces écarts par les dépenses sécuritaires, les subventions aux carburants et les difficultés du secteur électrique. Une cellule de suivi SNH-Ministère des Finances a même été créée. Mais force est de constater que les évaluations successives du FMI (novembre 2024, août 2025) concluent à une persistance du phénomène.
Africa Truth Media veut croire à une issue positive
Si Yaoundé parvient à assainir ce chantier, c’est près de 400 milliards FCFA qui pourraient être réorientés chaque année vers l’éducation, la santé et les infrastructures. De quoi changer concrètement la vie des Camerounais et envoyer un signal fort aux investisseurs : le Camerouin est ouvert, transparent et prêt pour le décollage.
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English summary
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On April 24, 2026, Fitch Ratings affirmed Cameroon’s sovereign rating at ‘B’ with a negative outlook, citing persistent off-budget interventions by the national oil company SNH. Despite a presidential directive to end the practice by 2026, Fitch expects it to continue. The IMF links these parallel financings to $620 million (388 billion FCFA) in budget overruns, undermining public investment and delaying domestic debt clearance. For Africa Truth Media, fiscal transparency remains a key battleground for Cameroon’s progress.



