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L’Afrique lance un mécanisme pour débloquer le financement des grands projets

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Face au déficit persistant de financement des infrastructures et de l’industrialisation, les institutions financières africaines passent à l’action. Réunies dans le cadre de l’Alliance des Institutions Financières Multilatérales Africaines (AAMFI), elles ont officialisé le lancement du Mécanisme de financement des infrastructures africaines (AIFF), destiné à accélérer la préparation des projets et mobiliser des capitaux à grande échelle.

Le mécanisme vise à combler le fossé entre décision politique et financement. Pour Dr George Elombi, président d’Afreximbank, le problème africain n’est pas l’absence de projets, mais leur structuration :

« Trop de projets sont bloqués non pas par manque de pertinence, mais parce qu’ils sont inadéquatement préparés ou mal alignés sur les exigences du capital à long terme. Le Mécanisme vise à transformer des interventions fragmentées en un système cohérent capable de mobiliser des capitaux à grande échelle. »

L’AIFF, mis en place dans le cadre d’un accord entre l’AUDA-NEPAD et l’AAMFI, doit offrir une plateforme coordonnée, pilotée par l’Afrique, pour renforcer la préparation des projets et faciliter l’engagement indicatif des bailleurs sur les infrastructures prioritaires de l’Agenda 2063.

Mutualiser les risques et mobiliser les capitaux africains

Dr Corneille Karekezi, PDG d’Africa Reinsurance Corporation et futur président de l’AAMFI, a insisté sur la nécessité d’une approche collective :

« En partageant stratégiquement les risques et en mobilisant les capitaux nationaux et privés, nous pouvons bâtir un écosystème financier résilient capable de soutenir des infrastructures transformatrices et une croissance industrielle à l’échelle du continent. »

Le Dialogue a également pointé des obstacles persistants : financement insuffisant des études de faisabilité, fragmentation des politiques régionales et coordination limitée entre acteurs.

Vers un renforcement de l’architecture financière africaine

La rencontre s’est conclue par le dépôt symbolique par le Cameroun de l’instrument de ratification du Protocole et des Statuts du Fonds monétaire africain (FMA), étape supplémentaire vers l’opérationnalisation des institutions financières prévues par l’Union africaine pour soutenir la stabilité macroéconomique et la coopération monétaire.

L’AAMFI, lancée en 2024 et regroupant douze institutions représentant plus de 70 milliards de dollars d’actifs, entend désormais passer d’une logique de coordination à une mobilisation disciplinée des capitaux africains pour combler le déficit d’infrastructures et soutenir l’industrialisation.


Strategic English Summary
African multilateral financial institutions have launched the African Infrastructure Financing Facility (AIFF) to address one of the continent’s most persistent challenges: the gap between political project approval and financial execution. Spearheaded under the AAMFI framework, the initiative aims to improve project preparation, coordinate institutional capital, and mobilize large-scale African funding for infrastructure and industrialization aligned with Agenda 2063. Leaders emphasized risk-sharing, capital alignment, and stronger financial architecture, while Cameroon symbolically advanced the operationalization of the African Monetary Fund through ratification of its statutes.

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