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Terres rares : les États-Unis investissent en Afrique du Sud pour réduire leur dépendance à la Chine

Malgré des tensions diplomatiques persistantes, les États-Unis soutiennent un projet d’extraction de terres rares en Afrique du Sud. À Phalaborwa, un site atypique pourrait devenir un maillon clé de la stratégie occidentale face à la domination chinoise sur les minéraux critiques.

Au cœur d’un ancien site industriel de Phalaborwa, deux immenses dunes de résidus miniers attirent désormais l’attention des grandes puissances. Derrière ce paysage inhabituel se joue une bataille stratégique : celle de l’accès aux terres rares, indispensables aux technologies modernes.

Les États-Unis ont décidé de soutenir ce projet à hauteur de 50 millions de dollars via la Société de financement du développement international. L’objectif est clair : sécuriser des approvisionnements alternatifs et réduire la dépendance à la Chine, aujourd’hui dominante sur ce marché.

Un projet minier… à partir de déchets

Contrairement aux mines traditionnelles, le projet Phalaborwa repose sur l’exploitation de phosphogypse, un sous-produit issu du traitement chimique des roches phosphatées. Ces résidus contiennent des éléments rares comme le néodyme ou le dysprosium, essentiels à la fabrication d’éoliennes, de véhicules électriques ou encore d’équipements militaires.

Développé par Rainbow Rare Earths avec le soutien de TechMet, le projet ambitionne de démarrer la production à partir de 2028, pour une durée estimée à 16 ans.

L’intérêt de cette approche réside aussi dans son coût. En réutilisant des matériaux déjà traités, l’exploitation pourrait s’avérer plus compétitive que les méthodes classiques, tout en intégrant jusqu’à 90 % d’énergie renouvelable.

Une stratégie américaine malgré les tensions

Cet investissement intervient dans un contexte diplomatique délicat entre Washington et Pretoria. L’administration de Donald Trump a récemment suspendu certaines aides à l’Afrique du Sud, tout en maintenant son soutien à ce projet minier.

Un paradoxe apparent, qui s’explique par la priorité accordée aux enjeux économiques et stratégiques. Les terres rares sont devenues un levier de puissance dans les secteurs technologiques et de défense, poussant les États-Unis à diversifier leurs sources d’approvisionnement.

Une compétition mondiale pour les minerais critiques

Au-delà de ce projet, Washington multiplie les initiatives pour sécuriser ces ressources, que ce soit sur son territoire ou à l’international. L’Afrique, riche en minerais stratégiques, s’impose comme un terrain clé dans cette compétition.

Face à une Chine très active sur le continent, les États-Unis cherchent à combler leur retard, notamment via des investissements ciblés et des partenariats industriels.

Selon plusieurs analystes, le projet de Phalaborwa illustre cette nouvelle dynamique : une course aux ressources où les considérations géopolitiques pèsent autant que les logiques économiques.

Un potentiel encore incertain

Si les perspectives sont prometteuses, des incertitudes subsistent. Le procédé d’extraction, encore peu éprouvé à grande échelle, devra démontrer sa viabilité technique et économique.

Mais pour les États-Unis, l’enjeu dépasse le seul projet sud-africain : il s’agit de poser les bases d’une chaîne d’approvisionnement plus autonome, dans un contexte de rivalité accrue pour le contrôle des matières premières stratégiques.


English summary

The United States is investing $50 million in a rare earth extraction project in Phalaborwa, South Africa, aiming to reduce reliance on China for critical minerals. The project, led by Rainbow Rare Earths and supported by TechMet, focuses on extracting rare elements from industrial waste. Despite diplomatic tensions with South Africa, the investment highlights Washington’s strategic push to secure supply chains for key technologies and defense industries.

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