
Après 0,4 % au deuxième trimestre, l’inflation annuelle dans l’UEMOA atteint 1,7 % en août 2026. Le renchérissement du transport, du logement et de l’alimentation ravive les inquiétudes sur le coût de la vie.
La hausse des prix reprend de la vitesse dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Après avoir atteint 0,4 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, l’inflation régionale est passée à 1,2 % en juillet, puis à 1,7 % en août. Cette accélération intervient dans un contexte de perturbations des chaînes d’approvisionnement et de tensions sur les marchés énergétiques liées à la crise au Moyen-Orient.
Le 9 septembre, à Dakar, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a présenté cette évolution à l’ouverture de la troisième session annuelle du Comité de politique monétaire. Selon lui, la progression des prix s’explique notamment par le renchérissement du transport, du logement et de plusieurs produits alimentaires, dont la viande, le poisson et les légumes.
Le coût de la vie exposé aux tensions internationales
La pression inflationniste reflète en partie la transmission des chocs extérieurs aux économies de l’Union. Les perturbations des approvisionnements et l’augmentation des coûts énergétiques affectent les dépenses des ménages comme les charges des entreprises.
Le secteur des carburants illustre cette exposition. Selon le gouverneur de la BCEAO, sept des huit pays membres ont enregistré des hausses des prix du carburant. Les pays concernés n’ont toutefois pas été identifiés dans son allocution.
En Côte d’Ivoire, les prix à la pompe sont restés stables en septembre, à 905 FCFA le litre d’essence et 725 FCFA celui du gasoil. Cette stabilité ne signifie pas pour autant que le pays échappe aux pressions inflationnistes régionales : le transport, les produits alimentaires et le logement peuvent évoluer indépendamment des prix des carburants.
L’évolution de l’inflation dans l’Union ne doit donc pas être interprétée comme une mesure directe de la hausse des prix dans chacun de ses États membres. Elle traduit une tendance régionale dont les effets varient selon les structures de consommation, les politiques nationales et les conditions d’approvisionnement.
La BCEAO face au risque de nouvelles pressions
Pour le reste de l’année 2026, la banque centrale anticipe une poursuite de la dynamique haussière des prix, notamment en raison des conséquences de la crise au Moyen-Orient. Cette perspective place les autorités monétaires face à un défi : préserver la stabilité des prix sans compromettre les conditions de financement de l’activité économique.
Le taux directeur principal de la BCEAO est maintenu à 3,00 %. Lors de la réunion de septembre, les autorités monétaires doivent également apprécier les évolutions de la conjoncture, de la liquidité bancaire et des équilibres macroéconomiques de l’Union.
Les finances publiques constituent un autre point de vigilance. Au premier semestre 2026, le déficit budgétaire global de l’UEMOA s’est établi à 3,4 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3,2 % sur la même période un an auparavant. Les prévisions pour l’ensemble de l’année ont été révisées à la hausse, notamment en raison des mesures adoptées par les États pour amortir les conséquences socio-économiques de la crise sur les populations.
Sur le plan extérieur, l’équilibre des comptes de l’Union est resté stable au deuxième trimestre, mais les tensions géopolitiques pourraient peser sur les termes de l’échange. Les conditions monétaires se sont, quant à elles, globalement assouplies au cours de la même période, soutenues par une liquidité bancaire confortable et la réduction antérieure de 25 points de base des taux directeurs.
Le pouvoir d’achat, principal enjeu pour les ménages
L’accélération de l’inflation régionale rappelle que la stabilité de certains prix administrés ne suffit pas à contenir le coût de la vie. Lorsque le transport, les loyers et les produits alimentaires deviennent plus chers, les ménages peuvent voir leur budget se resserrer, même en l’absence d’une nouvelle hausse du carburant.
Pour les entreprises, l’augmentation des coûts logistiques et des intrants peut également réduire les marges ou se répercuter sur les prix de vente. L’ampleur de ces effets dépendra de la durée des perturbations internationales et de la capacité des économies de l’Union à absorber les chocs.
Le principal enjeu pour la BCEAO et les gouvernements de l’UEMOA sera donc de surveiller la persistance de cette accélération, tout en préservant les conditions nécessaires au financement de l’économie. Si les tensions extérieures se prolongent, la maîtrise de l’inflation pourrait redevenir un sujet central pour le pouvoir d’achat et les politiques économiques de la région.
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ËNGLISH SUMMARY
Inflation in the West African Economic and Monetary Union (WAEMU) accelerated to 1.7% year-on-year in August 2026, up from 1.2% in July and 0.4% in the second quarter. According to BCEAO Governor Jean-Claude Kassi Brou, the increase reflects rising transport, housing and food prices, alongside fuel price hikes in seven of the Union’s eight member states. These pressures are partly linked to supply chain disruptions and higher energy costs caused by the crisis in the Middle East. Although Côte d’Ivoire maintained stable pump prices in September, regional inflation continues to pose risks to household purchasing power and business operating costs. The BCEAO kept its key policy rate at 3.00%, while the Union’s fiscal deficit reached 3.4% of GDP in the first half of 2026. The outlook for the remainder of the year remains uncertain, with geopolitical tensions expected to sustain upward pressure on prices.