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Non respect des Droits humains : le fonds souverain norvégien exclut Bolloré de ses investissements

Le fonds souverain norvégien a décidé d’exclure le groupe Bolloré de ses investissements en raison de préoccupations liées aux droits humains dans des plantations d’huile de palme au Cameroun. Cette décision intervient après plusieurs années de critiques d’organisations de la société civile et de communautés locales concernant les activités liées au groupe agro-industriel Socfin.

Le fonds souverain de Norvège, considéré comme l’un des plus importants au monde, a annoncé l’exclusion des sociétés Bolloré SE et Compagnie de l’Odet de son portefeuille d’investissements. La décision figure dans le rapport annuel sur les investissements responsables publié par la Banque de Norvège, qui gère le fonds.

Selon l’institution, cette mesure fait suite à une recommandation formulée en 2024 par le Conseil d’éthique du fonds. Celui-ci estimait qu’il existait un « risque inacceptable » que les deux sociétés contribuent à de graves violations des droits humains liées aux activités du groupe agro-industriel Socfin, actif dans les plantations de palmiers à huile et d’hévéas en Afrique et en Asie.

Des accusations liées aux plantations au Cameroun

Les critiques concernent notamment la situation dans certaines plantations exploitées par la Socapalm, filiale du groupe Socfin opérant au Cameroun. Des organisations locales et internationales affirment depuis plusieurs années que des travailleurs et des communautés riveraines subissent des conditions de travail difficiles et des atteintes à leurs droits. Selon des rapports d’ONG, des employés auraient été rémunérés en dessous du salaire minimum légal et vivraient dans des logements jugés insuffisants. Des accusations de violences, de harcèlement sexuel et de restrictions d’accès aux terres pour les populations locales ont également été signalées.

Le Conseil d’éthique du fonds norvégien estime que les liens capitalistiques entre Bolloré et Socfin justifient une vigilance particulière. Le groupe français détient en effet une participation importante dans Socfin et a longtemps été représenté dans ses organes de gouvernance.

Un processus de dialogue avant la décision

Avant de procéder à l’exclusion, la Banque de Norvège avait engagé un dialogue avec les entreprises concernées afin d’évaluer les mesures prises pour améliorer la gestion des risques liés aux droits humains et aux conditions de travail.

À la fin de l’année 2024, le fonds souverain détenait environ 90 millions de dollars d’actions de Bolloré. La décision de retrait marque donc une évolution importante dans la politique d’investissement responsable du fonds.

Une décision saluée par des ONG

Plusieurs organisations de défense de l’environnement et des communautés rurales ont salué cette décision, estimant qu’elle envoie un signal fort aux entreprises opérant dans le secteur agro-industriel.

Pour ces organisations, la question dépasse le cas d’une seule entreprise et pose plus largement le défi de la gestion responsable des ressources naturelles et des terres agricoles en Afrique, un enjeu crucial pour les populations locales, les investisseurs et les gouvernements.

L’exclusion du groupe Bolloré par le fonds souverain norvégien illustre l’importance croissante accordée aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions d’investissement internationales. Pour de nombreux acteurs africains, l’enjeu consiste désormais à concilier développement économique, investissements étrangers et respect des droits des communautés locales.


English summary

Norway’s sovereign wealth fund has decided to exclude the French group Bolloré from its investment portfolio over concerns about human rights violations linked to palm oil plantations in Cameroon. The decision follows a recommendation from the fund’s ethics council, which raised concerns about the activities of Socfin and its subsidiary Socapalm. Several NGOs and community groups have accused these plantations of poor working conditions, land disputes with local communities and other rights-related issues. Norway’s sovereign wealth fund, managed by the Norges Bank, had previously engaged in dialogue with the companies but ultimately decided to divest. The move highlights the growing influence of environmental, social and governance (ESG) standards in global investment decisions, particularly in sectors such as agriculture and natural resources in Africa.

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