Aboubakary Abdoulaye élu président du Sénat, une nouvelle étape dans le renouvellement des institutions

Le Cameroun poursuit sa reconfiguration institutionnelle. Le sénateur Aboubakary Abdoulaye a été élu ce 17 mars 2026 à la tête du Sénat, succédant à Marcel Niat Njifenji. Une transition qui s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement au sommet de l’État.
Élu avec 100 % des suffrages exprimés, Aboubakary Abdoulaye prend officiellement les rênes de la chambre haute du Parlement camerounais. Sa désignation, portée par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), confirme un choix politique assumé au sommet de l’appareil d’État.
Il succède à Marcel Niat Njifenji, en fonction depuis la création du Sénat en 2013, dont l’absence prolongée avait progressivement déplacé le centre de décision au sein de l’institution.
Une prise de pouvoir déjà amorcée
Avant même son élection, Aboubakary Abdoulaye occupait le poste de premier vice-président et assurait de facto la gestion des affaires courantes.
Au fil des mois, il s’est imposé comme l’un des principaux centres d’arbitrage au sein du Sénat, pilotant plusieurs décisions administratives majeures et contribuant à rétablir le fonctionnement de l’institution dans un contexte marqué par des blocages internes.
Cette montée en puissance progressive confère à son élection un caractère moins abrupt qu’il n’y paraît.
Un profil au croisement du politique et du traditionnel
Discret dans l’espace public, Aboubakary Abdoulaye dispose d’un ancrage solide dans les sphères de pouvoir. Administrateur civil de formation, il a évolué au sein de l’appareil d’État avant d’occuper des fonctions gouvernementales. Parallèlement, il est lamido de Rey-Bouba, une autorité traditionnelle majeure dans la région du Nord, ce qui renforce son influence territoriale.
Cette double légitimité, à la fois institutionnelle et coutumière, constitue l’un des leviers de son poids politique.
Une transition au sommet de l’État
L’accession de Aboubakary Abdoulaye intervient le même jour que l’élection de Théodore Datouo à la tête de l’Assemblée nationale, en remplacement de Cavaye Yeguié Djibril.
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Ces changements simultanés à la tête des deux chambres du Parlement traduisent une recomposition d’ensemble du paysage institutionnel camerounais.
Une nouvelle séquence politique
Dans un système marqué par la longévité de ses dirigeants institutionnels, cette double transition ouvre une nouvelle phase.
Sans rupture affichée, elle pourrait néanmoins redéfinir les équilibres internes et les modes de fonctionnement du Parlement, à un moment où les attentes autour du rôle des institutions restent élevées.
ENJEUX
- Fin d’un cycle au Sénat après plus d’une décennie
- Consolidation d’un leadership déjà en place
- Rééquilibrage institutionnel au sommet de l’État
- Redéfinition possible du rôle des chambres parlementaires
On March 17, 2026, Aboubakary Abdoulaye was elected President of the Senate with unanimous support, replacing Marcel Niat Njifenji, who had led the institution since its creation in 2013. Already acting as de facto leader due to his predecessor’s prolonged absence, Abdoulaye’s election formalizes a transition that had been unfolding behind the scenes. Combined with the leadership change in the National Assembly, this marks a broader institutional reshuffle at the top of Cameroon’s political system.



