Financement du développement : à Abidjan, l’Afrique pose les bases d’une nouvelle architecture financière

Réunis à Abidjan à l’initiative de la Banque africaine de développement, décideurs et partenaires internationaux ont lancé une réflexion stratégique sur la mise en place d’une Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA). Objectif : mieux mobiliser les ressources du continent et réduire sa dépendance aux financements extérieurs.
Le chantier est ambitieux : repenser en profondeur le financement du développement en Afrique. À Abidjan, ce dialogue de haut niveau doit déboucher sur l’adoption d’un « Consensus d’Abidjan », présenté comme un cadre fondateur pour réorganiser la circulation du capital et la gestion des risques à l’échelle du continent.
Pour Robert Beugré Mambé, Premier ministre de la Côte d’Ivoire, l’enjeu est clair : transformer les atouts africains -démographie, ressources naturelles, potentiel économique – en croissance durable. Cela passe par des instruments financiers innovants capables de mobiliser davantage de ressources internes et de stimuler l’investissement.
Même ligne du côté de Sidi Ould Tah, président de la BAD, pour qui la Nouvelle Architecture Financière Africaine repose sur quatre piliers : subsidiarité, complémentarité, coordination et transformation du risque. L’objectif est de mieux structurer l’écosystème financier africain en apportant des réponses concrètes à ses contraintes structurelles.
Parmi les pistes évoquées figurent la mise en place de mécanismes de garantie pour réduire les risques, le développement du cofinancement entre institutions africaines et le renforcement des fonds propres des acteurs du financement du développement.
Au-delà des outils, c’est une réalité qui ressort : l’Afrique ne manque pas de capital, mais de mécanismes efficaces pour le mobiliser. Le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne domestique de long terme, alors même que son déficit annuel de financement du développement dépasse 400 milliards de dollars.
Dans ce contexte, la NAFA ambitionne de réorienter ces ressources vers les priorités du continent, en renforçant la coordination entre institutions financières africaines et en créant un cadre plus lisible pour les investisseurs.
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Les discussions d’Abidjan devraient également aboutir à la mise en place d’une architecture de coordination permanente, chargée de piloter les premières transactions et d’assurer la mise en œuvre progressive des instruments proposés.
À travers cette initiative, l’Afrique tente de franchir un cap : passer d’un modèle dépendant des financements extérieurs à un système davantage ancré sur ses propres ressources.
English summary
African leaders and financial stakeholders are working to redesign how development is financed across the continent. At a high-level meeting in Abidjan, organized by the African Development Bank, discussions focused on building a New African Financial Architecture (NAFA). The initiative aims to better mobilize Africa’s domestic resources, estimated at around $4 trillion, while addressing a financing gap of over $400 billion annually. By improving coordination, risk management, and investment mechanisms, the NAFA seeks to strengthen financial sovereignty and reduce reliance on external funding.



