
Les pays d’Afrique de l’Est accélèrent leur réflexion autour d’un projet de raffinerie commune en Tanga, en Tanzanie. Inspirée du modèle de Dangote Refinery, l’initiative vise à transformer localement le pétrole régional et à sécuriser l’approvisionnement énergétique.
L’Afrique de l’Est veut reprendre la main sur sa chaîne pétrolière. Réunis autour d’un projet stratégique, plusieurs pays de la région envisagent la construction d’une raffinerie commune dans le port de Tanga, afin de réduire leur dépendance aux importations de produits raffinés.
Aujourd’hui, la quasi-totalité du carburant consommé dans la région est importée, principalement du Moyen-Orient. Une dépendance qui expose les économies locales aux chocs extérieurs, notamment aux hausses de prix et aux perturbations d’approvisionnement observées lors des tensions géopolitiques récentes.
Le président kényan William Ruto a confirmé l’ambition régionale lors d’un forum sur le financement des infrastructures à Nairobi :
« Nous allons construire une raffinerie commune à Tanga (…) qui traitera le pétrole de la RDC, du Kenya, du Soudan du Sud et de l’Ouganda. »
Un projet au cœur de l’intégration énergétique
Ce projet repose sur une logique claire : valoriser les ressources pétrolières régionales, notamment celles de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda ou encore du Soudan du Sud, pour alimenter un marché commun en pleine croissance.
L’objectif est double : réduire la facture des importations et renforcer la sécurité énergétique d’une région en forte demande.
Dangote prêt à répliquer son modèle
Présent lors de la rencontre, l’homme d’affaires Aliko Dangote n’a pas exclu de s’impliquer dans le projet. Fort du succès de sa raffinerie au Nigeria, il s’est dit prêt à reproduire ce modèle en Afrique de l’Est.
« Si nous parvenons à un accord avec les gouvernements concernés, nous veillerons à ce que cette raffinerie soit construite dans les quatre ou cinq prochaines années », a-t-il affirmé.
Une déclaration qui crédibilise davantage le projet, tant la Dangote Refinery – avec ses 650 000 barils par jour – constitue aujourd’hui une référence industrielle sur le continent.
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Une dynamique déjà engagée dans la région
Parallèlement, l’Ouganda poursuit son propre projet de raffinerie nationale, avec une capacité annoncée de 60 000 barils par jour, en partenariat avec un investisseur basé aux Émirats arabes unis. Le pays espère démarrer prochainement la production commerciale de pétrole brut.
Ces initiatives traduisent une tendance de fond : l’Afrique cherche à capter davantage de valeur sur ses ressources naturelles, plutôt que de rester dépendante des circuits d’importation.
Vers une nouvelle souveraineté énergétique ?
Au-delà du projet industriel, l’enjeu est stratégique. Une raffinerie régionale à Tanga pourrait constituer un tournant pour l’Afrique de l’Est, en posant les bases d’un marché énergétique intégré.
Mais le succès dépendra de plusieurs facteurs :
- alignement politique,
- financement,
- gouvernance du projet et partage des bénéfices entre États.
Si ces conditions sont réunies, la région pourrait franchir un cap décisif vers une plus grande autonomie énergétique – et s’inscrire dans une dynamique continentale déjà amorcée.
English summary
East African countries are considering building a regional oil refinery in Tanga, Tanzania, to reduce reliance on imported refined petroleum products. The project, inspired by Nigeria’s Dangote Refinery, aims to process crude oil from countries such as the DRC, Kenya, Uganda, and South Sudan. Businessman Aliko Dangote has expressed interest in supporting the initiative, which could significantly strengthen regional energy security and economic integration.



