Bénin : les exportations en forte hausse, les importations en chute libre au T1 2026

Le Bénin a vu ses ventes à l’étranger exploser au premier trimestre 2026, tandis que ses importations continuent de reculer, selon les statistiques officielles du commerce extérieur.
Les exportations de marchandises ont atteint 223,96 milliards FCFA sur la période, soit une hausse de 78,3% par rapport au quatrième trimestre 2025 et de 51,1% en glissement annuel. Le coton reste le pilier des ventes béninoises. La fibre brute a généré 70,2 milliards FCFA de recettes, représentant 74 010,7 tonnes expédiées.
Le Bangladesh est le premier client du Bénin avec 30,6% de la valeur globale des exportations (68,6 milliards FCFA), n’important que du coton brut. Viennent ensuite les embarcations fluviales et maritimes réexportées (49,1 milliards FCFA), les tourteaux d’oléagineux (17,3 milliards FCFA) et les graines oléagineuses (15 milliards FCFA). Les dix principaux produits représentent 83,6% de la valeur totale des exportations. La Côte d’Ivoire est le deuxième client du Bénin avec 51,1 milliards FCFA (22,8% du total), captant 73% des exportations vers la CEDEAO. Le Nigeria et le Togo complètent le podium régional.
Les importations en net recul
Les importations ont totalisé 428,95 milliards FCFA, en baisse de 17,6% sur un trimestre et de 41,1% sur un an. Le riz semi-blanchi reste le premier poste d’achat (15,3% du total), suivi des huiles de pétrole (7,7%) et des poissons congelés (4,8%). Les dix principaux produits importés représentent 49% de la facture extérieure.
La Chine, l’Inde et la Russie dominent les fournisseurs. L’Inde se distingue par ses livraisons de riz (60,3 milliards FCFA pour 374 000 tonnes). La Russie fournit engrais (19,1 milliards FCFA) et produits pétroliers (18,9 milliards FCFA). La France, quatrième fournisseur, vend principalement des médicaments (15 milliards FCFA). Les importations en provenance de la CEDEAO ont chuté de 32,8% à 41,3 milliards FCFA.
Le casse-tête de l’anacarde
Malgré l’interdiction des exportations de noix de cajou brutes depuis avril 2024, la transformation locale peine à décoller. Jim Fitzpatrick, expert du marché mondial, explique que le pays n’arrive pas à absorber sa récolte annuelle de 170 000 à 180 000 tonnes.
« Moins de 30% de la récolte a été transformée dans le pays l’année dernière (…) Près de 70% a été redirigée vers le Togo ou le Nigeria, alimentant la contrebande vers l’Inde ou le Vietnam.«
L’expert pointe plusieurs problèmes : les industriels locaux ne veulent pas payer le prix demandé par les producteurs, manquent de fonds de roulement ou de débouchés. « Cette situation a criminalisé les échanges dans le secteur« , ajoute-t-il, craignant que les producteurs abandonnent la culture du cajou si les prix baissent.
Certains observateurs estiment toutefois qu’il est trop tôt pour juger cette politique, le Bénin étant le seul pays d’Afrique de l’Ouest à interdire complètement les exportations de noix brutes.
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English summary
Benin’s exports surged 78% quarter-on-quarter to 223.96 billion FCFA in Q1 2026, driven mainly by raw cotton (70.2 billion FCFA). Bangladesh is the top buyer (30.6% of exports), followed by Côte d’Ivoire (22.8%). Imports fell 41% year-on-year to 428.95 billion FCFA, with semi-milled rice as the top purchase. China, India and Russia are the main suppliers. Meanwhile, Benin’s ban on raw cashew nut exports (since April 2024) has not boosted local processing: less than 30% of the harvest is transformed locally, with an estimated 70% smuggled to Togo or Nigeria, according to expert Jim Fitzpatrick.



