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Souveraineté : Ousmane Sonko défie le Fonds monétaire international et plaide pour un moratoire de la dette

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Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué le FMI, l’accusant de freiner le développement africain. Il propose un moratoire de 20 à 30 ans sur le service de la dette pour redonner aux États une marge budgétaire orientée vers la croissance.

Mardi, lors d’une séance de questions au gouvernement, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il qualifie de logique d’austérité imposée aux pays africains.

« Ce qui intéresse le FMI, ce n’est pas votre développement. Ce qui intéresse le FMI, c’est que vous restiez pauvres et sages », a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement a évoqué la notion de « dette odieuse » pour décrire le poids financier supporté par plusieurs États africains, estimant que la priorité accordée au remboursement limite les investissements structurants.Selon les dernières données officielles, la dette du Sénégal est évaluée à environ 132 % du PIB.

Moratoire plutôt que restructuration

Contrairement aux options classiques d’annulation ou de rééchelonnement, proposées par le FMI, le Premier ministre sénégalais plaide pour un moratoire de 20 à 30 ans sur le service de la dette. Objectif affiché :

  • dégager une marge budgétaire significative ;
  • financer infrastructures, éducation et industrialisation ;
  • soutenir une croissance endogène d’au moins 10 % par an.

Il estime que l’Afrique n’a pas besoin d’austérité, mais d’un espace financier durable pour investir massivement.

La réponse du FMI

En réaction, le Fonds monétaire international a rappelé sa position : « Nous proposons, vous disposez. » L’institution affirme mettre son expertise à disposition sans imposer de décisions, laissant aux États la responsabilité de leur politique économique.

Une convergence avec Jeffrey Sachs

Ousmane Sonko a également mentionné une rencontre à Addis-Abeba avec l’économiste américain Jeffrey Sachs, évoquant une « forte convergence de vues » sur la nécessité d’accorder à l’Afrique un temps long pour financer son développement.

Le Premier ministre compare la situation actuelle du continent à celle de la Chine dans les années 1980 et de l’Inde au début des années 2000, estimant que « c’est au tour de l’Afrique de prendre son envol ».

Un débat relancé sur la souveraineté économique

Au-delà du Sénégal, cette sortie politique relance le débat sur la réforme du système financier international et la place de l’Afrique dans la gouvernance économique mondiale. La question centrale demeure : comment concilier soutenabilité de la dette et impératif de transformation structurelle ?


English Summary
Senegal’s Prime Minister Ousmane Sonko has openly criticized the International Monetary Fund, accusing it of prioritizing debt repayment over Africa’s development. Speaking before the National Assembly, he proposed a 20-30 year moratorium on debt servicing to free fiscal space for infrastructure, education, and industrial investment. With Senegal’s debt estimated at around 132% of GDP, Sonko rejected austerity-driven approaches and called for a growth-focused model, aligning his views with economist Jeffrey Sachs. The IMF responded by stating that it provides advice, but sovereign decisions remain with governments.

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