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La FIFA veut des maillots « Made in West Africa » pour le mondial 2026 : un tournant pour le coton africain

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Et si la Coupe du monde 2026 portait l’empreinte industrielle de l’Afrique de l’Ouest ? En marge de la 13e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Abu Dhabi, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a affiché une ambition claire : intégrer une chaîne de valeur textile ouest-africaine capable de produire des maillots pour les compétitions et programmes de l’instance mondiale.

L’enjeu dépasse le symbole. L’Afrique de l’Ouest est l’un des plus grands bassins mondiaux de production de coton, notamment à travers le bloc C4+1 (Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad et Côte d’Ivoire). Pourtant, la transformation locale reste marginale.

L’objectif évoqué par la FIFA est conditionné à la mise en place d’une chaîne de valeur complète : filature, tissage, confection, logistique et conformité aux standards internationaux. Une transformation industrielle qui permettrait aux pays producteurs de capter davantage de valeur ajoutée.

Le marché mondial du vêtement de sport pèse aujourd’hui plus de 200 milliards de dollars. Selon Gianni Infantino, l’industrie globale du football génère déjà plus de 270 milliards de dollars par an, dont près de 70 % en Europe. Une meilleure intégration des autres continents pourrait porter ce volume vers les 500 milliards de dollars.
La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a résumé l’enjeu : « Ramener une partie de cette richesse en Afrique. »

ARISE IIP et les parcs textiles en première ligne

Pour concrétiser cette ambition, la FIFA travaille avec plusieurs partenaires dont ARISE IIP, déjà actif dans le développement de zones industrielles intégrées. Au Bénin, la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) s’impose comme vitrine régionale. Ce complexe textile vise à transformer jusqu’à 100 000 tonnes de coton à moyen terme. Des exportations vers des marques internationales ont déjà démarré, illustrant la montée en gamme progressive de l’écosystème ouest-africain.

Une délégation de la FIFA est d’ailleurs attendue pour visiter les installations et explorer la possibilité de premières commandes destinées notamment au programme Football for Schools (F4S).

Le Togo, outsider stratégique

Bien qu’extérieur au C4+1, le Togo pourrait tirer profit de cette dynamique. Le pays accélère la transformation locale via la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), développée par ARISE IIP. Le cadre fiscal attractif adopté récemment, combiné à la relance de la production cotonnière (70 000 tonnes en 2023-2024 selon la NSCT), positionne Lomé comme un maillon potentiel de la future chaîne régionale.

L’enjeu pour le Togo – comme pour ses voisins – est clair : passer du statut de fournisseur de matière première à celui d’acteur industriel intégré.

Un test grandeur nature pour l’intégration africaine

Au-delà du textile, cette initiative constitue un laboratoire d’intégration économique régionale. Elle combine production agricole, industrialisation, commerce international et diplomatie économique.
Si la chaîne de valeur complète voit le jour, le projet pourrait devenir l’un des exemples les plus visibles de transformation structurelle en Afrique de l’Ouest.

La Coupe du monde 2026 ne serait alors pas seulement un événement sportif mondial, mais aussi un marqueur du repositionnement industriel africain.


English Summary

FIFA has announced its ambition to source “Made in West Africa” jerseys for the 2026 World Cup and its global programs. The initiative, discussed alongside the World Trade Organization, aims to support the development of a fully integrated textile value chain in West Africa’s C4+1 cotton-producing countries. With partners such as ARISE IIP developing industrial textile parks in Benin and Togo, the project could help the region move from raw cotton exports to higher-value manufacturing. If successful, it would mark a strategic shift toward greater industrial integration and revenue capture within the global $200+ billion sportswear market.

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