Pont de Kazungula : Botswana et Zambie institutionnalisent un corridor clé d’Afrique australe

Quatre ans après son inauguration, le pont de Kazungula franchit une nouvelle étape. Le Botswana et la Zambie ont officiellement lancé une autorité conjointe chargée d’en assurer la gestion et l’exploitation, consolidant ainsi l’un des corridors commerciaux les plus stratégiques d’Afrique australe.
Les deux pays ont mis en service l’Autorité du pont de Kazungula, désormais responsable de la supervision de l’ouvrage et du poste-frontière à guichet unique qui l’accompagne. L’objectif est clair : renforcer la coordination, réduire les délais de transit et améliorer la compétitivité logistique sur l’axe nord-sud.
Lors de la cérémonie officielle, le président zambien Hakainde Hichilema a insisté sur l’impact économique d’une gestion harmonisée :
« Une meilleure coordination permettra de réduire les coûts de transit, de limiter les retards et de dynamiser le commerce régional. »
Il a également plaidé pour davantage d’investissements conjoints et une intensification des échanges dans l’espace régional.
Son homologue botswanais, Duma Boko, a annoncé le passage à des opérations frontalières continues, 24 heures sur 24, afin de fluidifier la circulation des marchandises et des personnes.
« Cette dynamique renforce la coopération économique et s’inscrit pleinement dans les objectifs de la ZLECAf », a-t-il déclaré.
Un maillon stratégique du corridor nord-sud
Inauguré le 10 mai 2021, le pont de Kazungula traverse le fleuve Zambèze et relie directement le Botswana à la Zambie. Long de 929 mètres et doté d’une infrastructure routière et ferroviaire moderne, il représente un investissement estimé à 259 millions de dollars.
L’ouvrage a remplacé l’ancien système de bac qui ralentissait considérablement le transport des camions. Il constitue désormais un point névralgique reliant le port sud-africain de Durban aux marchés de la RDC et de la Tanzanie via le corridor nord-sud.
Au-delà de la simple fluidité logistique, cette infrastructure contribue à réduire les coûts commerciaux, soutenir l’industrialisation et renforcer l’intégration économique au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Vers une intégration commerciale accélérée
La création de cette autorité conjointe marque une évolution : le pont n’est plus seulement une infrastructure physique, mais un instrument stratégique au service de l’intégration continentale. Dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la gestion coordonnée des corridors devient un levier déterminant pour transformer les engagements politiques en gains commerciaux concrets.



