
Après plusieurs décennies de recul, Madagascar veut remettre le café au cœur de son agriculture. Le gouvernement prévoit de réhabiliter les plantations existantes et d’étendre les superficies cultivées sur 100 000 hectares dans la région d’Atsinanana et les Hautes Terres centrales. L’ambition est double : répondre aux besoins du marché intérieur et retrouver une place sur le marché africain et international de l’exportation.
Le gouvernement malgache prépare une nouvelle stratégie pour inverser le déclin de la production de café. Au cours des dix prochaines années, les autorités veulent à la fois remettre en état les plantations existantes et créer de nouvelles surfaces consacrées à cette culture. Le programme ciblera notamment la région d’Atsinanana et les Hautes Terres centrales, avec un objectif annoncé de 100 000 hectares.
L’enjeu est important pour une filière qui a perdu une grande partie de son poids économique au fil des années. Pour augmenter les rendements, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire mise notamment sur l’introduction de semences plus performantes et de meilleure qualité.
La stratégie prévoit également de renforcer la promotion de la culture du café et d’améliorer les conditions de production dans les zones concernées. Le gouvernement envisage par ailleurs d’associer davantage le secteur privé à cette relance, notamment à travers de nouvelles formes de collaboration destinées à soutenir les producteurs et à accompagner le développement des plantations.
L’objectif ne se limite pas à alimenter le marché malgache. Les autorités veulent produire suffisamment pour couvrir la consommation nationale tout en reconstruisant une capacité d’exportation.
Le ministre Gaëtan Ramindo présente la situation actuelle du marché international comme une fenêtre d’opportunité. La progression des prix du café pourrait, selon le gouvernement, contribuer à améliorer les revenus des producteurs et, plus largement, leurs conditions de vie.
Madagascar cherche ainsi à reconnecter sa production agricole aux opportunités offertes par la demande mondiale.
Une filière passée de 80 000 à moins de 20 000 tonnes
Le défi reste toutefois considérable. Selon les données citées par les autorités, la production malgache, qui pouvait atteindre 80 000 tonnes par an dans les années 1980 et 1990, est désormais tombée sous la barre des 20 000 tonnes. Cette chute de plus de 75 % a profondément réduit la capacité du pays à exporter son café. Madagascar doit même aujourd’hui recourir aux importations de grains pour répondre à une partie de sa demande intérieure.
La relance annoncée repose donc sur un changement d’échelle : davantage de terres cultivées, des plants plus performants, une meilleure organisation de la filière et une implication accrue des investisseurs privés. Pour Madagascar, le défi sera de transformer les 100 000 hectares annoncés en une production suffisamment compétitive pour reconquérir les marchés extérieurs, tout en garantissant aux agriculteurs une meilleure rémunération.
Le café pourrait ainsi retrouver progressivement sa place parmi les cultures capables de soutenir les revenus ruraux et les ambitions d’exportation du pays.
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English summary
Madagascar is launching an ambitious plan to revive its declining coffee industry by rehabilitating existing plantations and developing up to 100,000 hectares of new coffee-growing areas in the Atsinanana region and the central highlands. Over the next decade, the government aims to boost production, meet domestic demand and rebuild Madagascar’s position in international export markets. The strategy includes higher-quality planting material, stronger promotion of coffee farming and potential partnerships with the private sector. The initiative comes as national coffee output has fallen from as much as 80,000 tonnes annually in the 1980s and 1990s to less than 20,000 tonnes today.



