Communauté d’Afrique de l’Est : les arriérés des États membres fragilisent le fonctionnement de l’organisation

La Communauté d’Afrique de l’Est traverse une période de tensions financières. Les arriérés de cotisations des États membres dépassent 89 millions de dollars, affectant directement le fonctionnement de ses institutions, dont l’Assemblée législative régionale.
Selon des informations relayées par The East African, les arriérés cumulés des contributions des États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est atteignaient 89,37 millions de dollars au 31 janvier 2026.
Cette situation a déjà des répercussions concrètes : les députés de l’Assemblée législative de la communauté n’ont pas perçu leurs honoraires depuis novembre 2025, soit près de trois mois sans paiement.
Chaque État membre est tenu de verser une cotisation annuelle d’environ 7 millions de dollars pour soutenir le fonctionnement des institutions régionales.
Plusieurs pays concernés par les retards de paiement
Les données disponibles montrent que plusieurs États accusent des retards importants dans leurs contributions.
La République démocratique du Congo affiche les arriérés les plus élevés avec environ 27 millions de dollars. Elle est suivie par le Burundi, dont la dette s’élève à 22,7 millions de dollars.
Le Soudan du Sud totalise environ 21,8 millions de dollars, tandis que la Somalie, le Rwanda et l’Ouganda doivent respectivement 10,5 millions, 5,2 millions et 1,1 million de dollars.
À l’inverse, le Kenya et la Tanzanie figurent parmi les rares pays ayant réglé leurs contributions.
Des difficultés qui ralentissent certaines institutions
Ces retards de paiement compliquent le fonctionnement normal de plusieurs organes de la communauté. Certaines activités tournent désormais au ralenti, notamment au sein de l’Assemblée législative régionale, de la Cour de justice de l’EAC ou encore du Conseil interuniversitaire de la communauté.
Pour certains responsables politiques, la question du financement reste étroitement liée aux défis monétaires auxquels font face plusieurs pays membres. La conversion des monnaies locales en dollars peut parfois compliquer le règlement des contributions, alors que le traité fondateur de l’organisation prévoit des paiements en devise américaine.
La question d’une monnaie régionale toujours en suspens
Depuis plusieurs années, les États de la communauté évoquent la création d’une monnaie unique régionale dans le cadre d’une union économique et politique plus intégrée.
Cependant, ce projet n’a toujours pas abouti. Or, pour certains observateurs, l’absence d’une monnaie commune complique la coordination financière entre les pays membres et peut contribuer à ces retards de paiement.
Un sommet convoqué pour trouver une issue
Face à cette situation, le président kényan William Ruto, qui assure actuellement la présidence tournante de la communauté, a convoqué un sommet des chefs d’État et de gouvernement afin d’examiner les solutions possibles à cette crise financière.
L’objectif est de restaurer la capacité opérationnelle des institutions régionales et de préserver les ambitions d’intégration économique, commerciale et politique portées par la Communauté d’Afrique de l’Est.
English summary
The East African Community (EAC) is facing growing financial pressure as unpaid contributions from member states exceeded $89 million as of January 31, 2026, according to regional reports. The shortfall has begun to affect the functioning of several regional institutions, including the East African Legislative Assembly (EALA), whose members have reportedly gone several months without receiving their allowances. Several countries are responsible for significant arrears. The Democratic Republic of Congo leads with about $27 million, followed by Burundi with $22.7 million and South Sudan with $21.8 million. Somalia, Rwanda and Uganda also owe smaller amounts, while Kenya and Tanzania are reported to be up to date with their contributions. The financial strain has slowed activities within key regional bodies such as the EAC Court of Justice and the Inter-University Council for East Africa. Amid the situation, Kenyan President William Ruto, who currently chairs the regional bloc, has convened a summit of EAC heads of state to discuss possible solutions and ensure the continued functioning of the community’s institutions.



