Forbes 2026 : porté par ses banques, le Maroc s’impose comme 4e puissance économique du monde arabe

Avec neuf entreprises classées parmi les 100 plus valorisées de la région MENA, le Maroc confirme sa solidité économique. Dans un classement dominé par les géants pétroliers du Golfe, le royaume se distingue par un modèle tiré avant tout par la finance et les services.
Le dernier classement publié par Forbes Middle East confirme une tendance lourde : l’économie régionale reste largement dominée par Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. À eux seuls, ces deux pays concentrent plus des deux tiers des entreprises du Top 100.
Dans cet environnement ultra-concurrentiel, le Maroc tire son épingle du jeu. Avec neuf entreprises, il se hisse à la quatrième place régionale, derrière le Qatar, mais devant le Koweït.
Les champions marocains bien positionnés
Plusieurs grandes entreprises marocaines figurent dans ce classement stratégique :
- Attijariwafa Bank (33e)
- Managem (48e)
- Maroc Telecom (50e)
- Marsa Maroc (60e)
- Banque Centrale Populaire (69e)
- SGTM (75e)
- TAQA Morocco (77e)
- Bank of Africa (88e)
- LafargeHolcim Maroc (96e)
Une présence diversifiée, mais dominée par les institutions financières et les grandes entreprises historiques.
La finance, véritable moteur du modèle marocain
Le classement 2026 confirme une réalité : le secteur bancaire est le pilier du modèle économique marocain. À l’échelle MENA, il représente le segment le plus dense du classement, avec 34 entreprises.
À lire aussi : Résultats annuels 2025 : Attijariwafa bank accélère en 2025 et renforce son leadership régional
Au Maroc, des acteurs comme Attijariwafa Bank, Banque Centrale Populaire ou Bank of Africa s’appuient sur une double stratégie :
- une base domestique solide
- une expansion progressive en Afrique subsaharienne
Cette dimension africaine constitue un avantage différenciant face aux économies du Golfe, davantage dépendantes des hydrocarbures.
Un modèle résilient… mais encore peu diversifié
Contrairement à Saudi Aramco, qui domine largement le classement grâce à la rente pétrolière, le Maroc repose sur une économie plus diversifiée mais moins capitalisée.
Cette résilience a toutefois ses limites. Le tissu économique reste concentré autour d’un nombre restreint de grandes entreprises, avec une faible présence :
des Startups, des entreprises technologiques, des nouveaux entrants à forte croissance.
Quelle place pour les autres économies africaines ?
Dans ce classement dominé par le Moyen-Orient, les économies africaines hors Afrique du Nord restent marginales. Des pays comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud, pourtant poids lourds du continent, sont moins visibles dans ce palmarès centré sur la région MENA.
Cela souligne une fracture économique persistante entre :
- une Afrique intégrée aux dynamiques financières globales (comme le Maroc)
- et une Afrique subsaharienne encore sous-représentée dans les grands classements de capitalisation
Entre reconnaissance et signal d’alerte
Ce classement 2026 agit comme un double signal pour le Maroc :
- ✅ une reconnaissance de la solidité de ses champions nationaux
- ⚠️ un rappel de la nécessité d’accélérer la diversification économique
Dans une région dominée par les pétrodollars, le royaume confirme sa capacité à exister autrement. Mais pour changer d’échelle, il devra élargir sa base économique et faire émerger de nouveaux secteurs capables de rivaliser avec les géants du Golfe.
English summary
In the 2026 Forbes ranking of the 100 most valuable companies in the MENA region, Morocco stands out with nine listed firms, ranking fourth overall. Driven mainly by strong banking institutions such as Attijariwafa Bank and Bank of Africa, the country demonstrates a resilient and stable economic model. However, while Morocco benefits from diversification compared to oil-dependent Gulf economies, the ranking also highlights the need for broader innovation and stronger representation of emerging sectors.



