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Tchad-Égypte : le partenariat pharmaceutique s’étend à la régulation et aux soins spécialisés

Le Tchad et l’Égypte renforcent leur coopération sanitaire. Un mémorandum signé à Alamein prévoit une collaboration sur les médicaments, les produits biologiques et les dispositifs médicaux, mais aussi sur la régulation et le transfert d’expertise.

Le partenariat sanitaire entre le Tchad et l’Égypte franchit une nouvelle étape. Le 3 octobre 2026, en marge du Forum Afrique-Alamein et de la 8ᵉ réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine, les deux pays ont signé un mémorandum d’entente consacré aux produits pharmaceutiques et biologiques ainsi qu’aux dispositifs médicaux.

L’accord a été signé par le ministre tchadien de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Mahamat Abderahim, et le président de l’Autorité égyptienne des médicaments, Dr Ali El-Gamrawy. La cérémonie s’est déroulée sous l’égide des ministres des Affaires étrangères des deux pays.

Au-delà de l’approvisionnement en médicaments, le texte ouvre surtout un chantier sur la qualité, la régulation et la circulation de l’expertise entre les deux systèmes de santé.

La régulation au cœur du nouveau partenariat

Le mémorandum prévoit des échanges d’informations techniques et réglementaires entre les administrations compétentes. Ils doivent notamment concerner l’enregistrement des médicaments, leur contrôle, la pharmacovigilance et le suivi des dispositifs médicaux.

Pour le Tchad, l’enjeu est de renforcer la capacité à vérifier la qualité et la sécurité des produits qui entrent dans le circuit sanitaire national.

L’accord pourrait également faciliter la coordination des approvisionnements. Mais sa signature ne garantit pas, à elle seule, une baisse des prix ni une disponibilité immédiate des médicaments dans les différentes provinces. Ces résultats dépendront de la mise en œuvre effective du dispositif, des circuits de distribution et des capacités de contrôle.

La coopération s’inscrit ainsi dans une logique plus large : améliorer l’accès aux produits de santé tout en renforçant les mécanismes qui permettent de les contrôler.

Un partenariat déjà élargi aux compétences médicales

Le nouveau mémorandum prolonge les engagements pris à N’Djamena les 6 et 7 août 2026, lors de la quatrième session de la commission mixte de coopération entre les deux pays.

L’accord sanitaire conclu à cette occasion prévoyait notamment la formation de cadres et de professionnels tchadiens. Les pharmaciens, techniciens de laboratoire, spécialistes des soins intensifs et agents chargés de la maintenance des équipements biomédicaux figuraient parmi les bénéficiaires ciblés.

Les deux pays avaient également identifié plusieurs spécialités à renforcer, dont la néonatologie, l’oncologie pédiatrique, la chirurgie, la cardiologie, la néphrologie et les soins intensifs.

Le dispositif prévoit aussi l’orientation de patients tchadiens vers des établissements hospitaliers égyptiens, ainsi que l’envoi de missions médicales et de spécialistes au Tchad.

Autre engagement annoncé en août : un appui égyptien au centre de dialyse de l’hôpital central de N’Djamena, qui dispose de 25 machines.

L’enjeu des soins spécialisés au-delà de N’Djamena

Pour le système sanitaire tchadien, le défi ne se limite toutefois pas à l’accès aux médicaments. L’offre de soins spécialisés reste concentrée dans les principaux centres urbains, notamment à N’Djamena.

Le renforcement des établissements régionaux pourrait permettre de réduire les déplacements des patients vers la capitale pour certains examens ou traitements. Encore faut-il que les équipements soient disponibles, que les personnels soient formés et que les médicaments nécessaires puissent être acheminés régulièrement.

La situation est particulièrement sensible dans l’est du pays, où l’accueil de réfugiés en provenance du Soudan exerce une pression supplémentaire sur les structures sanitaires et les chaînes d’approvisionnement.

Dans ce contexte, la coopération avec l’Égypte touche à plusieurs maillons de la chaîne de santé : formation, équipements, médicaments, soins spécialisés et régulation.

Pour Le Caire, une coopération qui ouvre aussi un marché

Pour l’Égypte, ce rapprochement offre également une possibilité d’accroître la présence de son industrie pharmaceutique sur les marchés africains.

Le pays dispose d’une autorité nationale chargée de la régulation des médicaments et cherche à développer les coopérations sanitaires avec le continent. Avec le Tchad, les échanges peuvent donc dépasser la simple relation entre fournisseur et acheteur pour intégrer la formation, l’expertise réglementaire, la maintenance des équipements et, à terme, d’autres formes de coopération industrielle.

Pour N’Djamena, l’intérêt sera de transformer cette ouverture en capacités durables. Le transfert de compétences et le renforcement des structures nationales de contrôle seront déterminants pour éviter une dépendance limitée à l’importation de produits finis.

Un test pour la mise en œuvre

Le nouveau mémorandum intervient dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leur sécurité sanitaire et à mieux maîtriser leurs chaînes d’approvisionnement en produits médicaux.

Pour le Tchad, les prochaines étapes seront donc particulièrement importantes. Les formations annoncées devront être concrétisées, les échanges réglementaires opérationnalisés et les engagements concernant les équipements et les missions médicales traduits sur le terrain.

La réussite du partenariat ne se mesurera finalement pas à la signature intervenue à Alamein, mais à ses effets concrets : davantage de médicaments sûrs, des professionnels mieux formés, des équipements fonctionnels et un accès élargi aux soins spécialisés au-delà de N’Djamena.

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ENGLISH SUMMARY

Chad and Egypt are expanding their health partnership through a new memorandum covering pharmaceutical and biological products, medical devices and regulatory cooperation. Signed in Alamein on 3 October 2026, the agreement focuses not only on access to medicines but also on quality control, pharmacovigilance, technical exchanges and professional training. It builds on a broader health agreement signed in N’Djamena in August, which included specialist training, medical missions, patient referrals to Egyptian hospitals and support for a dialysis centre equipped with 25 machines. For Chad, the key challenge will be turning these commitments into stronger regional healthcare capacity, reliable supplies and better access to specialised treatment outside N’Djamena.

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