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Afrique du Sud : Trafigura s’intéresse à une participation dans la raffinerie stratégique Natref

Le négociant international Trafigura étudierait le rachat de 36,36 % de la raffinerie sud-africaine Natref, dans un contexte de recomposition du secteur du raffinage et de compétition croissante autour des infrastructures énergétiques africaines.

Le géant du négoce des matières premières Trafigura⁠ figure parmi les groupes intéressés par l’acquisition d’une participation minoritaire dans la raffinerie Natref, en Afrique du Sud, selon des informations relayées par plusieurs sources proches du dossier.

La participation concernée, représentant 36,36 % du capital, appartient actuellement au groupe britannique Prax, confronté à d’importantes difficultés financières. Cette société avait repris les actifs détenus auparavant par TotalEnergies⁠ dans la raffinerie en 2024, avant d’être placée sous administration judiciaire quelques mois plus tard.

Une raffinerie stratégique pour l’économie sud-africaine

Contrôlée majoritairement par Sasol⁠, Natref dispose d’une capacité estimée à 108 500 barils par jour. Située à Sasolburg, elle occupe une place particulière dans le paysage énergétique sud-africain : il s’agit de la seule raffinerie implantée à l’intérieur du pays, loin des zones côtières, avec un rôle clé dans l’approvisionnement du bassin économique de Johannesburg.

Mais l’installation traverse une période délicate. Un incendie survenu en janvier 2025 a fragilisé ses opérations, alors que le site faisait déjà face à des besoins importants de modernisation et à des coûts logistiques élevés.

Dans le cadre du processus de cession, plusieurs groupes sud-africains liés au programme de Black Economic Empowerment participeraient également aux discussions. Sasol, qui dispose d’un droit de préemption, chercherait avant tout un partenaire capable de soutenir durablement la viabilité industrielle et financière de la raffinerie.

L’Afrique, nouveau terrain stratégique des négociants mondiaux

L’intérêt de Trafigura illustre la compétition croissante entre les grands traders internationaux pour renforcer leur présence sur les infrastructures énergétiques africaines.

Le groupe, historiquement basé en Suisse et enregistré à Singapour, rivalise déjà sur le continent avec d’autres acteurs majeurs comme Vitol⁠ et Glencore⁠. Portés par les bouleversements du marché énergétique mondial depuis la guerre en Ukraine, ces géants du négoce cherchent à sécuriser davantage d’actifs stratégiques dans les chaînes d’approvisionnement pétrolières et minières africaines.

Trafigura dispose par ailleurs d’importantes capacités financières. Le groupe a redistribué environ 3 milliards de dollars de dividendes à ses salariés en 2025, après un niveau record de 6 milliards de dollars en 2023.

Un secteur africain du raffinage en pleine recomposition

Cette opération potentielle intervient alors que plusieurs pays africains tentent de renforcer leurs capacités locales de raffinage pour réduire leur dépendance aux importations de carburants.

Lire aussi : Tanga : l’Afrique de l’Est mise sur Dangote pour briser sa dépendance pétrolière

Entre nouvelles raffineries, modernisation des sites existants et arrivée de nouveaux investisseurs privés, le raffinage africain entre dans une phase de transformation accélérée, sur fond de croissance de la demande énergétique continentale.


English summary

Trafigura⁠ is reportedly interested in acquiring a 36.36% stake in South Africa’s Natref refinery, currently owned by financially troubled Prax. The refinery, operated alongside Sasol⁠, has a capacity of 108,500 barrels per day and plays a strategic role in supplying South Africa’s industrial heartland. The potential deal highlights growing competition among global commodity traders for African energy assets.

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