
Le FMI recommande aux banques centrales de considérer l’or comme un actif de réserve plus risqué, en raison de sa volatilité et des coûts liés à sa gestion. Une position qui relance le débat dans plusieurs pays africains producteurs d’or, alors que le continent multiplie les initiatives pour renforcer sa souveraineté financière et mieux valoriser ses ressources stratégiques.
Le Fonds monétaire international (FMI) invite les banques centrales à revoir leur approche de l’or dans la gestion de leurs réserves. Dans une note publiée le 9 juillet 2026, l’institution estime que le métal jaune doit désormais être considéré comme un actif plus risqué en raison de sa forte volatilité, de l’absence de rendement financier et des coûts liés à son stockage et à sa gestion.
Si cette recommandation concerne l’ensemble des banques centrales, elle revêt une importance particulière pour plusieurs pays africains producteurs d’or, notamment le Ghana, le Mali, le Burkina Faso, la Tanzanie et le Zimbabwe. Ces États disposent en effet d’un avantage : ils peuvent renforcer leurs réserves en achetant une partie de leur propre production avec leur monnaie nationale, limitant ainsi leur dépendance aux devises étrangères.
Le débat soulevé par le FMI dépasse toutefois la seule question du risque associé à l’or. Réduire les achats de métal précieux conduit généralement à augmenter les réserves en dollars ou en euros, des actifs qui restent eux aussi exposés à des risques liés à l’inflation, aux variations des taux d’intérêt ou encore aux tensions géopolitiques.
Le cas du Ghana illustre cette réalité. Grâce à son programme d’achat d’or domestique, le pays a renforcé ses réserves de change. Mais le FMI estime que cette politique exerce également une pression sur le bilan de la Banque du Ghana et appelle les autorités à davantage de transparence dans sa mise en œuvre.
Dans le même temps, plusieurs initiatives africaines pourraient progressivement offrir une nouvelle voie. L’adhésion récente de la Banque des États de l’Afrique centrale au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) vise à faciliter les transactions intra-africaines et à réduire la dépendance aux circuits financiers internationaux.
Parallèlement, Afreximbank travaille sur la création d’une Banque panafricaine de l’or, accompagnée d’une raffinerie certifiée, d’infrastructures de stockage et de services commerciaux. Ce projet permettrait aux pays africains de raffiner et de certifier davantage leur production sur le continent, tout en améliorant la traçabilité des exportations.
Aujourd’hui, une part importante de l’or africain transite encore par Dubaï avant d’être commercialisée sur les marchés internationaux. Pour plusieurs observateurs, le développement d’infrastructures africaines renforcerait la maîtrise de cette filière stratégique et limiterait les risques liés aux circuits informels.
Au-delà du débat sur l’or, la question posée est celle de la diversification des réserves des banques centrales africaines. Entre la dépendance aux devises étrangères et les limites d’une forte exposition au métal précieux, plusieurs pays cherchent désormais à construire une troisième voie, davantage fondée sur leurs propres capacités financières et industrielles.
English summary
The IMF’s call for central banks to treat gold as a higher-risk reserve asset has reignited debate across Africa’s leading gold-producing nations. While the Fund advocates greater caution, many African countries view gold as a strategic tool to strengthen reserves, reduce reliance on foreign currencies and enhance financial sovereignty. At the same time, new continental initiatives in gold refining and cross-border payments could offer Africa a credible alternative to the traditional dollar- and euro-based reserve system.



